Solenville, c'est quoi ?
Le programme SOLenVillE vise à mieux connaître les sols avec les citoyens. En se focalisant sur la ville, il cherche à inclure le plus grand nombre de nos concitoyens (à 80% urbains en France) et les plus éloignés de ce milieu. Mal connus voire mal aimés, les sols constituent un milieu particulièrement symptomatique et emblématique de notre rapport à l’environnement, alors même qu’ils sont essentiels au fonctionnement des écosystèmes. Les sols vivants interviennent en effet dans les cycles de la matière et de la vie : ils participent à la régulation de l’eau et du climat, au stockage du carbone, à la biodiversité, à la fertilité. Notre souci est d’encourager politiques et citoyens à mieux dialoguer autour de ce compartiment écologique et de ses habitants, pour préserver la vie en général et respecter l’altérité en particulier.
Redéfinir les sols urbains comme volumes vivants pour préserver la biodiversité
Ayant pris conscience de l’importance et de la finitude de ce patrimoine, non renouvelable à l’échelle de la vie des sociétés humaines, le législateur français a mis en place la politique de Zéro Artificialisation Nette (ZAN) qui pose de nombreuses questions sur les usages et les valeurs à accorder aux sols, pris comme des volumes et non plus seulement des surfaces ayant un prix sur le marché foncier.
Voir et comprendre les sols comme un volume vivant plutôt que comme une surface inerte permet de mieux appréhender l’ensemble des enjeux qui s’y concentrent et constitue un gage de résilience.
Or, à ce jour, la biodiversité des sols reste mal connue, particulièrement en milieu urbain où ils sont recouverts par les constructions et les voies de communication.
Nos objectifs
Ensemble, scientifiques et citoyens explorent les qualités biogeochimiques des sols ainsi que le rôle, la place et les représentations des sols en ville. Ce faisant, SOLenVillE vise à populariser ce milieu souvent ignoré et pourtant essentiel à la vie sur terre et à sensibiliser sur son importance ainsi que sur les actions à mener pour en améliorer la qualité et la richesse en biodiversité (ou en limiter la détérioration). Au-delà des aspects écologiques, notre programme a l’ambition de faire des enjeux liés à la connaissance et la préservation des sols une question de société et de contribuer à préfigurer ce que pourrait être une future « trame brune ».
Conserver des sols vivants est important car ils assurent
- l’assise de la vie végétale (air sain, alimentation, matériaux, paysage…)
- l’infiltration et épuration de l’eau
- la régulation de la qualité de l’air et du climat (local et global)
- le cycle de la matière organique et le stockage du carbone,
- le socle de la chaine alimentaire et un habitat pour la biodiversité (y compris pour de nombreuses espèces de la faune dite « auxiliaire »).
Nos moyens
Pour développer la connaissance de la biodiversité et des qualités géochimique des sols urbains, nous avons recours à divers outils et protocoles (voir « outil ») déployés par les citoyens avec l’appui des chercheurs de l’Université de Strasbourg et du CNRS. Nous déployons également des dispositifs d’étude des représentations de la nature en ville ou encore de création pour permettre aux citadins de participer à l’amélioration de l’habitabilité des villes.
Le programme est financé depuis sa création, en 2020, par différents partenaires et dispositifs (ZAEU, Idex « Sciences participatives » de l’Université de Strasbourg, Mission pour les initiatives transverses du CNRS). Cela nous a permis, de créer un poste d’animateur / coordinateur du programme, d’appuyer une politique de communication, d’acquérir outils et documentation nécessaires à la reconnaissance des organismes collectés, de diffuser nos informations.
La démarche propose des outils, des temps de formation, des ateliers, des conférences, des rencontres et échanges avec des personnes ressources.
Nos terrains d’étude
La ville, parce qu’il s’agit d’un milieu très minéralisé, est le terrain privilégié pour notre action.
– Elle concentre les populations humaines donc permettra d’atteindre de nombreuses personnes,
– En matière de biodiversité, elle peut être considérée comme un espace de conservation (au regard d’espaces agricoles qui tendent à détruire les habitats),
– Bien que peu visibles et peu considérés, les sols urbains offrent une opportunité très accessible de reconnexion avec la nature d’ailleurs valorisée par les collectivités locales et divers acteurs gestionnaires des espaces urbains (l’université de Strasbourg étant l’un d’eux).
Nous sommes localisés dans l’Eurométropole de Strasbourg car nous sommes partie prenante du dispositif Zone atelier environnement urbaine de Strasbourg
Qui est concerné ?
Dans une logique de réseau, la démarche SOLenVillE s’applique à articuler les actions d’un maximum d’acteurs. Cette synergie, la plus large possible, est mise au service de la connaissance et de la préservation du fonctionnement des sols urbains. SOLenVillE associe des chercheurs des universités de Nancy et de Strasbourg (en particulier au sein de la Zone Atelier Environnementale Urbaine), des agents des services de l’Eurométropole de Strasbourg et toutes les bonnes volontés (habitants, étudiants, scolaires, naturalistes, jardiniers, adaptes du compostage, à titre individuel ou au sein d’associations…).
Les propositions s’adressent à tous les publics afin d’accompagner les volontaires qui souhaitent contribuer à développer cette connaissance et plus généralement s’approprier cette question de la place et des fonctions des sols en ville. Ainsi chacun peut lancer des investigations dans son coin de jardin, de potager ou à côté de son compost, tout en faisant progresser les connaissances scientifiques sur les sols.
Retrouvez l'inSitu de la Zone Atelier Environnementale Urbaine qui explique le programme Solenville et ses actions





